C'est pour paraphraser la fameuse et hautement intellectuelle série TV que je débute cet article...
Voila, je reviens au Cambodge, par la porte nord... avec comme cadeau d'au-revoir, des flics pourris du coté laotien, qui demandent une rallonge pour sortir, et un comité de bienvenue du coté cambodgien, qui en fait autant, mais avec beaucoup moins de conviction... La peur de la hiérarchie se fait plus sentir.
Bref, avec Pascal, on décide de s'arrêter à Stung Treng, première grande ville au nord du pays, pour digérer cette journée de voyage... Mais la suite ne sera pas non plus loin de tout repos. Cette ville n'a absolument aucun intérêt, comme finalement toutes les villes du pays.
Bref, l'objectif à court terme est de rejoindre les contrées nord-est du pays, où le moustique se fait une joie de transmettre le palu à toute personne qui essaie de s'aventurer un peu au-delà du permis (aider en cela par les autorités locales... enfin c'est une autre histoire!). Donc, nous voilà à bord d'un véhicule (espérons-le en tout cas...) en direction de Ban Lung, petite ville de la région du Ratanakiri, et avec la fraîcheur comme sensation de bienvenue, pensons-nous, en voyant la carte du guide, où la région est colorée de jaune, signe de paysage vallonnée, et donc en hauteur... Vive le FROID!!!!!!
On en sera pour notre compte. La route est plate comme une crèpe, rectiligne comme une règle, mais assez verte, et parfois enveloppée de longues branches d'arbres, qui la couvrent totalement... Mais, entre la poussière, le pseudo-bus rafistolé de bouts de scotch, roulant sur une route-gruyère terreuse et bien sèche, le voyage ne sera pas non plus une partie de plaisir... Si ce n'est qu'il est du moins assez drole, puisque le second du chauffeur n'avait rien trouvé de mieux pour évacuer la poussière... d'ouvrir fenêtres et vasistas...
Ce bout du monde perdu ressemble au far west, avec les fagots de bois, qui roulent dans les rues désertes (bon là j'exagère, mais c'est pour l'image...), entrainés par les bourrasques de vent. On y vient ici pour les villages alentours, la nature et ses secrets, et pour le parc naturel... inaccessible pour la plupart des touristes... On y vient aussi pour s'organiser une traversée dans la forêt et atteindre Sem Monorom, dans la région sud du Mondulkiri...
Ca c'est le plan... Finalement, on aura pas mal bouffé du kiri, mais en version liophilisée, et marron-poussiéreux, sans le goût, ni étalé sur du pain.
Dans la poussière, on aura tout de même fait une rapide connaissance avec deux charmantes jeunes femmes, qui nous a motivé à (re)partir en Colombie dès que l'occasion se présente ;-)...
Mais Ban lung étant ban lung, malgré toutes ses chutes, les motos branlantes, et la réticense des locaux à nous donner des infos sur le parcours vers le sud (à part le "it's impossibeul", on n'a rien eu de plus...), autant que l'interdiction de pénétrer dans le parc national au nord du pays, on s'en retourne directement sur les routes modernes, après avoir revécu le repoudrage intégral à la terre rouge de la région... Et arrivés marron à Kratie, on se prend le festival local des moines, qui dure toute la nuit... Youpi!
Alors, pour ceux qui débarquent en Asie, c'est pittoresque ces moines qui braillent dans le micro toute la nuit, après chaque offrande, ou ces animateurs qui hurlent littéralement, et poussent le vice à imiter le bruit d'un moteur à explosion des années 70, entre chaque représentations théatrales... C'est comique quand on y repense, mais sur le coup, avec la fatigue et la chaleur, ça l'était beaucoup moins, croyez-moi!
Après cette courte nuit donc, on continue le parcours vers le sud. Pour ma part, j'ai fait l'inventaire de ce qui me reste du corps, et je soupsonne qu'une carrie commence à pourrir mon parcours! Dans le doute, je songe à rendre visite à un dentiste phnompénien (quel programme!!)... Mais rien de pressé. On aura le temps de s'arrêter dans cette ville de Kompong Cham, qui renferme une magnifique île aux trésors naturels, cachée de tous...
Un joyau que l'on découvre en vélo, avec Christelle et Romain, un couple de français, dans leur tour du monde, que j'ai rencontré la première fois à Vientiane (Laos).
Cette île se révèle immense! Et chaque mètre de l'île renferme une spécialité: d'abord des faucheurs de feuilles de tabac, puis le village qui les fait sécher dans des maisons hautes et étroites en terre, puis ensuite des champs de tabac, de coton et de piment à perte de vue, des forêts d'arbre dont le fruit renferme une sorte de coton et de graines noires qu'ils utilisent comme savon, des villages musulmans, dont les femmes tissent sous les maisons sur pilotis les habits, etc... Ce n'est qu'un aperçu! Un vrai concentré d'un monde qui peut s'auto-suffire! On ne s'attend pas du tout à ce que l'on va découvrir en traversant le pont en bambou, et l'exploration est d'autant plus stupéfiante!!!
Je reste dans cette petite ville quelques jours, à prendre le temps, à lire et voir la vie s'animer autour du marché, attablé à un café, boire des kafé kmao, et manger des soupes... Excitant, non?... Mais reposant et intéressant. La ville est petite, sans vraiment beaucoup d'intérêt, à part voir les cambodgiens vivrent, s'amuser, danser dans les rues le soir au son des énormes enceintes qu'ils placent directement sur les trottoirs. Enfin, ça ne dure généralement pas plus tard que les 22h!... Ils se couchent tôt ces gens là, mais c'est pour être vif dès 6h du mat' le lendemain, et tous les jours suivants (WE inclus!).
Voilà, je retrouve Pascal, qui a pris de l'avance, à Banttambang, seconde ville du pays, toujours sans vraiment grand intérêt non plus... C'est sûr, elle conserve encore des bâtiments coloniaux, mais la plupart est dans un état moyen! Bref, on se loue une moto pour découvrir les alentours, et on va bien les connaître! On est reste l'apres-midi dans un monastère, au sommet d'une colline, à discuter avec des moines , jeunes et moins jeunes... Mais la tempête a fait irruption, et là, c'est quelques 3 heures que l'on a attendu sous un abvri de restaurant... heureusement entourés de cambodgiens bien sympa... Le retour à la ville a été épique, sur une route en terre devenue boue... Avec leur talent de la conduite, on a retrouvé Battambang repeint des pieds à la tête... Enfin, on s'est bien marré sur ce bout de piste!
On quitte la ville et retrouvons la capitale, Phnom Penh, avec un emploi du temps ultra surchargée... On passe nos soirées à profiter des joies d'une capitale, en l'occurence les happy hour et leurs cahouètes, le choix des bars, les resto, les billards, j'en passe et des meilleurs.
Mais la saison chaude bat son plein maintenant, et la journée, il est difficile de faire un pas sans se retrouver totalement liquide.
Voilà finalement le temps passe vite, surtout quand on hésite durant pas mal de jour à pousser la porte d'un dentiste qui va vous charcuter... Enfin, de ce coté-ci c'est maintenant réparé, grâce aux talents d'un dentiste français installé là-bas, et qui est originaire, je vous le donne dans le mille, d'orsay!...
Puis, je profite de la fête de la nouvelle année khmer (je ne me refuse rien, deux nouvel an dans l'année, c'est un luxe... à voir comment ça va se dérouler cette fois-ci!).
Bon, je dois me mettre en condition aussi à la traverser de la frontière pour le Vietnam, et surtout rester vigilant dans un pays, aux moeurs, parait-il, bien différentes de ces voisins (gups!)...
On verra bien... Pour le coup, le Cambodge c'est un peu la fin pour ma part... Finis les petits pains coco, et espérons-le, le riz frit! (mais pour ça, j'en suis bien moins sûr!).
Les nouvelles photos de ce second voyage au pays Khmer par ici...